#13 Oraux : Préparer son plan d’attaque

Une fois les écrits passés, après avoir fêté la fin de cette étape et après avoir pris un nécessaire et salutaire temps de repos, il est temps de se remettre dans la préparation des oraux. Dans cet épisode, je vous présente mon plan d’attaque : l’élaboration du planning, puis l’identification et le travail des mes principales faiblesses.

Prendre des vacances avant de s’y remettre en douceur

Se remettre à travailler après les écrits, c’est difficile, mais essentiel. Avant de se replonger dans le travail, prendre de vraies vacances a été essentiel pour moi. J’ai complètement coupé avec l’agrégation jusqu’aux vacances de février (je faisais partie de la dernière zone). Je voulais avant tout refaire mes forces, dormir, retravailler pour le collège, et ne revenir au travail qu’avec un réel appétit. Ce qui m’a redonné envie de m’y remettre a été mon séjour chez une amie avec qui j’avais préparé l’agrégation externe 7 ans avant (et qui elle, l’avait eue !). Dans sa bibliothèque, j’ai feuilleté avec délectation de superbes collections de livres d’histoire et de géo : les Mondes Anciens de Belin, l’Histoire de France de Belin, le Tour de France d’un géologue… Bref, après mon séjour chez elle, j’avais de nouveau envie de passer mes journées à en découvrir plus sur toutes ces périodes et tous ces espaces que je connais trop peu. Selon votre personnalité, ce qui peut vous redonner ce goût peut être de flâner dans les bibliothèques, les libraires, de regarder des films ou des séries historiques ou encore des documentaires, sans pression pour un retour en douceur.

Mon planning de préparation

Ma préparation des oraux avait commencé dès l’été, j’en parle dans l’épisode 3.

Tablant sur 10 semaines de préparation, dont une entièrement consacrée à des passages d’oraux blancs dans le cadre de ma formation, et pour me laisser la possibilité de prendre un peu de retard, j’ai décidé de travailler un niveau chaque semaine, en travaillant les points suivants, dont j’organisais une synthèse dans de petits cahiers :

  • Les programmes : lecture des BO et des fiches eduscol. Au début je faisais des fiches, mais j’ai rapidement abandonné par manque de temps. J’utilisais un code couleur pour mettre en valeur :
    • – les auteurs, les références historiographiques et épistémologiques
    • – les notions / concepts, dont je travaillais la définition (avec géoconfluences + un dictionnaire spécialisé en géo, avec des sources plus variées en histoire) que je recopiais dans un répertoire à part.
    • – l’articulation interne au chapitre (souvent j’indiquais des titres de parties dans la marge)
    • – les suggestions didactiques : capacités / méthodes ou compétences suggérées, types de docs.
  • L’historiographie et l’épistémologie : Pour les notions centrales de chaque niveau, je retravaillais les principales évolutions scientifiques et les débats passés et en cours. C’était passionnant et je pouvais m’appuyer sur des fiches que j’avais préparées pour l’externe, je vous en parle dans l’épisode
  • Les principaux repères : pour cela, je prenais un manuel scolaire, et j’apprenais les dates, les biographies des personnages principaux, le vocabulaire. Plus rapide à faire pour les niveaux collèges que pour les niveaux lycée !
  • Enfin, je passais un oral blanc par semaine, sur le niveau que j’étais en train de réviser ou un autre que j’avais déjà travaillé. Je laissais toujours mon examinateur choisir le sujet ! J’en parle dans l’épisode prochain, mais s’entraîner, avant même d’avoir les résultats, c’est essentiel à mes yeux.

Identifier mes fragilités et trouver des stratégies pour les surmonter

De mon expérience de l’externe, j’avais appris que ce n’est pas forcément la somme de connaissances qui est déterminante pour la réussite. Je ne voulais pas réitérer mes erreurs donc j’ai voulu vraiment identifier ce qui m’avait nui pour le travailler. En voici le résumé en trois points, mais pour faire bref, je m’étais fait avoir le jour J par la panique.

Travailler ma confiance en moi

A l’externe, j’avais un gros manque de confiance en moi ainsi qu’un beau syndrome de l’imposteur ; cette fois, il allait falloir que je fasse un important travail mental. En plus de la mise à distance que je pratiquais déjà avant les écrits, j’ai écouté une vidéo d’hypnose, tous les jours des résultats d’admissibilité jusqu’aux oraux. Cela m’a travaillée en profondeur et m’a permis de vraiment gagner en confiance.

Travailler mon expression orale

Je savais déjà que je n’étais pas la plus à l’aise à l’oral en situation de stress. C’est grâce à une collègue de musique que j’en suis rendue compte de fonctionnement physique qui se jouait là-dedans : ma respiration y était pour beaucoup. La respiration, c’est vraiment l’une des clés de la gestion du stress, et le stress, ça se travaille ! J’ai donc pratiqué presque quotidiennement ces exercices de respiration, que je conseille aujourd’hui à mes élèves de lycée, tant ils m’ont été bénéfiques aux oraux, je vous le raconterai en détail dans l’épisode 19.

Ne pas me noyer dans les connaissances

Pour l’externe, j’avais accès à des bibliothèques très fournies, et j’avais tellement brassé de bouquins et de fiches que j’avais fini par m’y perdre. Cette fois, je n’allais pas viser l’impossible mais seulement l’essentiel afin de garder toujours la tête hors de l’eau, et tant pis si je ne feuilletais pas toutes les sorties de 2020/2021. De toutes façons, un marathon, ça ne se gagne pas au sprint, et ce n’est pas en dix semaines qu’on comble toutes ses lacunes en se mettant à lire un livre par jour. Je vous partagerai quand même les ressources (synthétiques) que j’ai utilisées pour réviser sans bibliothèque, dans l’épisode 16.

En attendant, profitez de votre préparation, c’est une belle page qui s’ouvre dans votre année !

3 réflexions sur “#13 Oraux : Préparer son plan d’attaque”

  1. Bonjour Caroline !
    Merci pour toutes tes contributions. J’ai une question sur l’étape à venir pour correctement préparer les oraux : te semble-t-il pertinent de lire tout ou partie du livre Historiographies (Delacroix et alii : https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-histoire/Historiographies# ) ou bien cela serait-il très chronophage pour relativement peu d’intérêt ? Ou bien le faire en alternance avec les lectures et re-re-relectures des fiches EDUSCOL ? En somme, je ne sais pas trop par quoi commencer pour être pragmatique (sachant que j’ai à peu près une égale expérience professionnelle en collège et en lycée). Tes conseils m’aiguilleront peut-être. Encore merci.
    Christophe

    1. Bonjour Christophe !

      Merci pour ton message. Effectivement, cela me semble très pertinent mais aussi très ambitieux à faire seul d’ici les oraux. Voici donc deux pistes, à associer si besoin :
      1- Se répartir les articles à ficher au sein d’un groupe de travail. On peut faire des fiches écrites mais aussi orales : chaque membre du groupe résume l’article à l’écrit et le réexplique à l’oral en moins de 2 minutes, et envoie l’enregistrement aux autres. C’est à mes yeux un bon entraînement pour le jour J et cela facilite le travail de mémorisation pour soi et pour les autres.
      2- Sélectionner les articles à ficher. La partie III me paraît essentielle, et on peut effectivement travailler les notions lorsqu’on les rencontre dans un programme ou une fiche Eduscol (absolutisme, fascisme…). Dans les 2 premières parties, quelques articles sont utiles mais pas tous. Je pourrai éventuellement proposer une sélection pour les candidats pressés dans un article à venir.

      Enfin, je parle de toutes les ressources utiles dans l’épisode 16, encore un peu de patience !

      Caroline

      1. Super ! Ça confirme quelques intuitions. Par écrit ou oralement je vais associer des fiches EDUSCOL à des notions et concepts de ce gros bouquin-là et proposer cette piste à mon petit groupe de travail.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.